Luc Gennart : au service du pays puis de sa ville

Un bilan, une vision … une passion

Luc Gennart a connu de multiples vies, semble-t-il. De pilote de chasse à échevin de Namur, la capitale de la Wallonie, il en a vécu des péripéties cet homme-là. Mais lorsque l’on a le cran et la capacité de piloter une machine à 50 millions d’euros qui vole à 900 km/h à 80 mètres du sol, on ne craint plus grand-chose …

La passion ! Voilà le moteur, le réacteur ou la turbine plutôt pour un ancien pilote de chasse, qui anime Luc Gennart. Pensionné à 54 ans, il estimait que c’était bien trop tôt pour se retirer de la vie active et se reposer sur les hauteurs de Erpent.
Il sortait alors d’une confrontation violente avec la hiérarchie de l’armée pour avoir lancé l’alerte sur la sous-représentation évidente des francophones dans les plus hautes instances militaires du pays. Ce qui nous montre un deuxième trait de caractère du Namurois, il a un sens aigu de l’équité, de la justice et de la justesse. Il a du courage aussi, puisque sa sortie lui a couté sa place de patron de la base de Florennes. Pourtant, les faits et la justice lui ont par la suite donné raison.
Alors que faire à 54 ans quand on n’a plus de travail ? Continuer à servir son pays, pardi ! Mais au niveau le plus proche du citoyen, celui où l’action et le résultat sont le plus perceptibles, il se présente ainsi aux élections communales de 2012 et aux fédérales de 2014.
« Ma dénonciation de la situation anormale à la Défense s’est révélée bien plus politique que je ne l’avais imaginé. J’ai aussi compris que c’était à ce niveau que l’on pouvait agir le plus concrètement au service de la population », nous explique Luc Gennart. « Je ne voulais pas rester inutile, mais continuer mon engagement pour ma famille ainsi que pour la région où j’ai grandi et où je me sens tellement bien ».
Aux communales de 2012 il obtient un très beau score personnel de 2209 voix, « et 2533 au niveau provincial », ajoute-t-il. « Deux ans plus tard, je me présente aux élections fédérales de 2014 où je récolte 13 554 voix. Classé 46ème au hit parade national basé sur le pourcentage d’électeurs, c’est autant de personnes qui me font confiance et cela me pousse à m’engager encore plus pour répondre concrètement à leurs problèmes. »

Luc Gennart s’inscrit dans la planification à 30 ans en pensant aux générations futures.

Il devient ainsi échevin du développement économique et des voiries en 2012. Il découvre un nouveau département, d’autres tâches et… un budget raboté de 50 %. Qu’à cela ne tienne, les coupes, les économies, la recherche d’efficience, l’ancien militaire connait ! Toute sa carrière a été bercée par les mêmes concepts. À l’état-major, il avait été chargé de réorganiser le programme d’entrainement opérationnel de nos pilotes en augmentant la qualité de la formation tout en permettant de substantielles économies. Pari réussi d’ailleurs !
C’est un troisième trait de caractère, ce « bosseur » est un homme de vision, d’analyse et de chiffres. C’est un cartésien qui se projette sur le long terme et décide en connaissance de cause sur base d’éléments objectifs, vérifiés et vérifiables.
Et puis, celui qui a été nommé «Manager de l’année» en 2009 alors qu’il commandait la base de Florennes — 1300 hommes et 30 F-16 — n’a pas peur des défis qu’il affronte toujours calmement. Un très proche collaborateur nous le confie « Luc a le rationnel de l’ingénieur et du pilote de chasse, mais il est aussi très humain dans sa relation de travail. Il n’est pas du style à imposer son point de vue, à être très directif. Je peux m’épanouir dans notre relation professionnelle parce qu’il me laisse beaucoup de liberté. Luc travaille sur base de diagnostics et de cadastres, il développe ensuite une vision à long terme, bien loin de celui qui est imposé par l’agenda électoral. »
Dans le cadre professionnel, Luc est aussi quelqu’un d’agréable : « Il est toujours très calme et serein avec une excellente résistance au stress », poursuit notre témoin. « C’est quelqu’un qui ne se fâche pas vite et il faut vraiment le pousser très loin pour que cela arrive. »

La mort des nids de poule pour 2026

Une administration communale, c’est un nouveau monde après 34 années passées dans le milieu militaire. « L’administration publique communale est régie par ses propres règles », nous explique Luc. « J’ai découvert que les relations entre cette administration et le monde politique n’étaient pas aussi neutres que l’on pourrait le penser. Ainsi, ce n’est pas parce qu’une décision est prise qu’elle sera forcément appliquée… C’est une situation bien différente de ce que j’avais vécu à l’armée où un ordre est un ordre. »
Cela étant, l’homme est souple d’esprit et s’adapte sans perdre de vue l’objectif parce que « la démocratie reste la somme des volontés de chacun. Il faut aussi tenir compte d’une multitude de critères dont le plus important demeure celui de la volonté du citoyen. »

Luc Gennart : « la démocratie reste la somme des volontés de chacun. Il faut aussi tenir compte d’une multitude de critères dont le plus important demeure celui de la volonté du citoyen. »

L’ingénieur civil veut avoir une vision globale des routes de la commune. Une idée objective de la situation. Il n’est pas question de disperser les travaux en fonction de priorités ponctuelles ou imposées par l’urgence ou encore « par celui qui crie le plus fort ». Il fait donc établir un cadastre des routes namuroises, une première en Wallonie. Il faut déterminer objectivement celles qui doivent être entièrement refaites, entretenues ou recevoir un simple lifting. C’est que le choix est d’importance, une route non entretenue pendant deux décennies coutera trois fois plus cher au bout d’une trentaine d’années. Il donne donc la priorité à l’entretien décennal des routes et préserve une partie de budget pour les phases 2 et 3 (entretien plus lourd ou réparation). L’objectif est fixé, déterminé, indiqué et toutes les forces vives des voiries l’appliqueront : des routes en bon état à l’horizon 2026 et la disparition des nids de poules abhorrés des motards à la même date. Si cette politique est maintenue par la suite, il suffira d’entretenir les routes en bon père de famille dans les prochaines décennies en permettant une belle économie budgétaire pour les finances communales. Un fonctionnaire de l’administration qui l’a côtoyé comme échevin le confirme : « Luc Gennart est d’une nature réservée et discrète, mais avec le temps une véritable relation de confiance s’est créée. C’est une personne pragmatique et rationnelle pouvant faire confiance aux fonctionnaires qui l’entourent, ce que nous apprécions. Avec lui, nous avons pu établir des plans d’actions à longue échéance concernant la réfection et l’entretien des infrastructures avec les budgets qui vont avec. Il a mis en place une vision à plus de dix ans pour les voiries ce qui était rarement le cas à l’époque », confirme le même fonctionnaire.

Et puis il y a le monde politique qui est souvent dur. « C’est vrai qu’il y a des coups bas, des mensonges, des retournements de veste. Mais je pense que cela existe depuis la nuit des temps et je ne souhaite pas perdre mon énergie à épiloguer. Je fais avec… » Luc Gennart n’est pas du genre à rentrer dans le moule du calcul politique ou des « petites phrases faciles du populisme ». Ce qu’il cherche lui, c’est du résultat, de l’analyse et des accords qui améliorent la situation des Namurois.

Échevin du développement économique implique d’être à l’écoute des commerçants.

Famille nombreuse

Luc Gennart partage sa vie avec Evelyne depuis 34 ans et le couple a eu six enfants. « Un choix existentiel. Nous venions tous les deux d’une famille nombreuse. Nous adorons cela et voulions perpétuer ce choix. » Ce qui nous impose évidemment quelques contraintes de vie. « Ce n’est pas toujours simple », reconnait Luc, « on apprend très vite le sens de la négociation et surtout celui du respect des autres. Ainsi, nous avons réuni un conseil de famille pour décider ou non d’avoir un sixième enfant, notre petite dernière qui a maintenant 17 ans. Chaque membre de la famille a pu développer son point de vue parce que cela avait aussi des implications pour eux. »
Luc est aussi comme cela, attentif, discret à l’écoute. Parfois effacé, loin de l’image de l’homme politique qui remplit l’espace pour tenter de l’occuper entièrement. Il reste cependant habité par la même passion, celle de faire bouger les choses, de trouver des solutions concrètes en ayant une vision et en planifiant les objectifs. Il reste aussi un homme de contact direct, de travail en commun et de coordinateur d’équipes. Il garde une volonté inébranlable de se mettre au service de sa ville.

La mobilité dans et vers Namur sera un défi important pour la prochaine législature communale.
Remise de chèques Créashop pour de nouveaux commerçants innovants au centre de Namur.

 


La “flamandisation” de l’armée

“Flamandisation”, voilà donc un terme que Luc Gennart n’a jamais utilisé lorsqu’il a lancé son cri d’alarme en 2010. À ce moment, seuls trois francophones occupaient l’une des 18 fonctions de direction à la Défense. L’attitude de la hiérarchie militaire a été surprenante et complètement hors de proportion prouvant, par là même, la justesse de l’analyse. Luc le précise, il est parfait bilingue, a des amis et des collègues néerlandophones et son action n’a jamais visé l’autre communauté du pays, mais bien à dénoncer une injustice flagrante.
Nous vous conseillons l’excellent livre de Thierry Wagener sur le sujet. Il se lit presque comme un roman et vous fera découvrir les dessous de ce qui fut presque une affaire d’État.

Vers une armée flamande ? L’analyse du Colonel Gennart” Thierry Wagener publié par les éditions Le bord de l’eau


Manager de l’année est un prix décerné par un jury d’experts indépendants réunis autour du magazine Confluent. Il récompense celui qui a le mieux concouru au rayonnement de la province de Namur.